"Evitez les phrases impliquant le finalisme."

Publié le par Hel

Ceux qui ont une vague idée de ce qu'est la BCPST se doutent qu'il n'y a pas 30 000 concours possibles à la fin.

Le plus connu est - malheureusement - celui que je vise : celui d'entrée à l'école vétérinaire.

Pourquoi ? Très très bonne question.

Pour faire simple, je répondrais comme mon professeur de biologie : "Parce que".

Sinon, c'est quelque chose de beaucoup plus complexe.

 

Disons que dans ce monde, je trouve difficile d'être sûr de quoi que ce soit. Sans aller aussi profondément dans ce raisonnement que Descartes, nous sommes dans un monde où tout n'est qu'illusion. Nous passons notre vie à mentir, à nous cacher, à ne montrer que ce qui nous arrange. Lorsque nous naissons, on nous présente un monde joyeux, heureux, tout rose. Peut-être pour nous empêcher de nous taper la tête contre le mur pendant que Maman prend sa douche. On nous montre des jolis dessins animés, où tout le monde aime la vie et où les seuls méchants éventuels sont pathétiques et causent eux-même leur perte. Les princesses sont belles et épousent de beaux princes, et vivent heureux pour la fin des temps, sans jamais une petite ombre dans leur vie. Tellement réaliste, n'est-ce pas ?

Dans ces premières années où le cerveau de l'enfant que nous avons tous été était semblable à une éponge absorbant toutes les émotions et données rencontrées, il a enregistré ce que tout le monde voulait qu'il enregistre :

"Tu dois être comme ces héros magnifiques : juste, bon, et honnête."

Pour bien te faire avoir lorsque tu entres dans le vrai monde. Où tout le monde est hypocrite, passe son temps à te faire croire que ce que tu penses est vrai, à te formater pour que tu deviennes utile, non-pas à toi, malgré ce qu'on te répète, mais avant tout à la société. on te répète milles messages, tous contradictoires. En fin de compte, nous ne savons plus quelle part de nous proviens de cet éternel bourrage de crâne, et quelle partie proviens de nous.

 

C'est pour cela qu'en fin de compte, je ne sais avec certitudes que de deux choses, dont la première :

 

Je veux être vétérinaire comportementaliste.

 

C'est dit. C'est le seul métier dans lequel je me vois réellement. Après, en effet, il y a tellement de métiers qui doivent être captivant, tout autant dans leur enseignement que dans leur pratique. Mais en fin de compte, un seul compte : celui-ci.

Je ne me soucie pas de la médecine humaine. Les études ne satisferaient qu'un peu de ma curiosité sur le fonctionnement du corps humain, et je n'aime pas assez les gens pour passer ma vie à les soigner.

En revanche...

En revanche, lorsque je pense au pourcentage de chiens euthanasiés pour des troubles du comportement, au nombre d'animaux qui souffrent sans que leurs maîtres s'en aperçoivent, au nombre de chiens et de propriétaires qui s'aiment, mais ne se comprennent pas et se font du mal sans le savoir, mon cerveau se met à déconner.

Oui, on m'a bien bourré le crâne. Trop bien, même. A tel point que devant la cruauté humaine, les autres espèces me semblent tellement plus précieuses. Comprendre ce qu'exprime un animal, ce qu'il ressent, et pouvoir par cela permettre à lui et son maître de mieux se comprendre, de mieux vivre ensemble, c'est quelque chose qui me plait beaucoup plus.

On m'a souvent dit que "C'est bien, véto, ça rapporte pleins d'argent", ou simplement "C'est cool, tu fais des longues études !", "T'es en prépa ? C'est la classe !". Je ne vois pas ça comme ça.

Je ne suis pas en BCPST parce que c'est "la classe" mais parce que c'est le meilleur moyen pour réussir le concours. A part quelques bribes de mathématiques et la biologie, peu de choses m'intéressent. Ce qui m'intéresse, c'est ce qu'il y a après les deux/trois ans d'Enfer. Et je ne fais pas ça pour le pseudo-argent que je dois gagner. Dans leur habituel égocentrisme, les gens oublient que leurs consultations et leurs médicaments leur sont remboursés, tout du moins en partie. Ce qui n'est pas le cas pour leurs animaux. Hé oui, le vaccin, il a fallu l'acheter, le temps pris pour le faire, il représente du temps et de l'énergie, le vétérinaire a besoin de se nourrir et se loger, lui aussi.

 

Non, je suis comme une cellule eucaryote. Je ne fais pas quelque chose "pour" quelque chose. Je le fais parce que le fais. Je ne sais pas pourquoi j'aime ces bestioles à poils, plumes et écailles, ni pourquoi je veux être vétérinaire.

 

Mais je sais que c'est le cas.

 

[Pas satisfaits ? Je ne vous obligeais pas à lire.]

 

.~* Hel *~.

 

(PS : Le finalisme n'existe que parce qu'on humanise tout.)

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lo 19/01/2011 19:23



Attends-toi à soigner quand même pas mal d'humains en tant que comportementaliste... en général on arrive vite à la conclusion que c'est le proprio qui a un problème et pas tellement son chien.


Ceci étant dit, je continue ma croisade : un véto canin classique salarié au 35h c'est 1500€ net par mois pendant les 3 ans après le diplôme, puis 1800€ les 2 ans suivants. Pour la suite je ne
sais pas encore, mais c'est dans la convention collective consultable sur veterinaire.fr.



Hel 20/01/2011 22:18



Oh, c'est aussi pour ça que je fais véto, pour empêcher les proprios de faire trop de bêtises et de leur permettre de mieux comprendre leur boule de poil ! Mais j'ai cru comprendre en lisant vos
anecdotes et celles de Doc Vétote que oui, je devais m'attendre à des propriétaires... euh... Spéciaux.


A vrai dire, je n'ai aucune notion d'argent, je ne saurais même pas comparer ces revenus à ceux de ma famille... Mais bon, me renseigner ne me fera pas de mal, merci pour l'information !


Et à bientôt, j'espère =)