Trop d'égocentrisme tue l'égo. Et le centrisme.

Publié le par Hel

 

Titre à ne pas chercher à interpréter, aujourd'hui je viens pour parler de cette étrange manie qu'ont les être humains de penser que tout être vivant raisonne comme lui. Oui, il faut croire que la philo, ça me manque.

 

Tout d'abord, il ne faut pas oublier que l'homme lui-même a tendance à penser que tout est fait dans un but (et en général, pour sa pomme [d'Adam ?]). Par exemple, on dit généralement que l'on a des yeux pour voir, alors que techniquement, les yeux nous permettent de voir. Bon, okay, si vous êtes croyants très à cheval sur les textes religieux, je ne peux pas faire grand-chose pour vous en convaincre, mais bon, c'est un autre débat. Tout ça pour dire que l'homme a une grande tendance à tout interpréter comme du finalisme.

 

Enfin, il n'empêche qu'il n'est pas rare de voir des personnes persuadées que tel chien est méchant, ou jaloux, ou imprévisible. Oui, je prend l'exemple du chien, car il s'agit de l'animal que je connais le mieux (mais j'me renseigne sur le chat, en ce moment...). Or, il se trouve que le chien ne possède pas cette partie du cerveau humain permettant de deviner le sentiment d'autrui et d'imaginer comment le modifier. Vous savez, cette partie du cerveau qui fait de l'humain un être potentiellement sadique et manipulateur... Par conséquent, l'interprétation de l'action d'un animal change radicalement. Un chien ne voit que de son point de vue, il est, d'une certaine façon, égocentrique, et ne peut imaginer ce que ressent l'autre.

Votre chien attaque votre nouveau-né et vous pensez que c'est de la jalousie ? Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais un bébé, c'est un truc qui braille, qui est tout petit, qui ne se déplace presque pas et qui ne marche pas debout. Peut-être est-ce simplement que votre chien n'a pas associé cette chose rose et bruyante à la même espèce que les bipèdes (plus) silencieux qu'il a l'habitude de fréquenter... Mais, pour un humain, pour qui le bébé est évidement de sa race, le chien en sait autant que lui. Donc, forcément, c'est de la jalousie. (Bon, j'dis pas que c'est forcément ça. Et j'dis pas non plus que le fait de le négliger n'a pas aidé.)

De même, si le terme d'imprévisible peut être utilisé pour certains chiens souffrant de troubles comportementaux "graves", il semblerait que la plupart des chiens soient relativement compréhensibles, à partir du moment où l'on essaye un tant soit peu de se mettre à la place de l'animal. Quoi, si j'avais été mordue par un chien, je ne dirais pas cela ? Ca m'est déjà arrivé. Et il était dans son droit, sa réaction était totalement logique au vu de ce que je lui montrait. Si quelqu'un pointait un couteau vers vous, que vous lui brisiez le bras (oui, imaginez que vous êtes très très fort(e), le temps de quelques secondes) pour vous défendre. Peut-on dire que vous êtes imprévisible parce que votre "agresseur" voulait en réalité vous faire un câlin ? Et qui est en réalité l'agresseur, l'enfant qui se précipite vers le chien sans prévenir, en criant et pointant ses bras en avant ? Ou le chien qui, devant ce signe d'agression, lui donne un coup de dents pour se défendre de cette attaque ? L'enfant/l'adulte/l'humain ne savait pas ? Et le chien, comment pourrait-il deviner ? Pourtant, dans ce cas là, celui qui se fait le plus fréquemment abandonner/punir/euthanasier, ce n'est pas l'humain mais l'animal. Un peu étrange, non ? (Rappel : Je ne parle pas non plus ici des cas liés à une mauvaise imprégnation et/ou aux patron-moteurs. Je développerai là-dessus, un jour. Pis c'est marrant, le principe des patron-moteurs. J'sais pas si on parle de ça, en prépa...)

 

Je pense qu'une bonne partie des problèmes viennent de là. L'homme considère à la fois le chien comme un bébé et comme un autre être humain, avec le même savoir, les mêmes désirs, la même logique. C'est à la fois celui qui ne peut pas comprendre et celui qui agit en totale connaissance de cause. Et l'homme ne cherche pas/plus à connaitre et comprendre le chien. A comprendre son point de vue, à se remettre en cause, à aller plus loin que son propre raisonnement. Le chien remue la queue ? C'est forcément qu'il est content ! Il mord ? C'est qu'il est méchant ! Comme nos actes nous paraissent logiques, à nous qui savons pourquoi nous les faisons, nous en oublions que pour les autres, ce n'est pas toujours le cas. Et le reprochons à celui qui agit par rapport à ce qu'il perçoit uniquement.

 

Donc va falloir soigner un peu ses neurones si on veut comprendre un peu sa bestiole préférée. Ca me rappelle que j'ai toujours pas fini le Dans la peau d'un chien d'Alexandra Horowitz. J'aime beaucoup les initiatives qu'elle prend pour mieux comprendre le point de vue de son animal. Et puis en définissant le terme d'Umwelt et l'étude de Von Uexküll, elle en rend même les tiques attachantes...

 

Bref, sur ce, j'ai un TP de chimie organique à préparer, donc à bientôt.

.~*Hel*~.

 

 

 

Et pour le fun : une petite série adaptée d'un manga, sur la vie d'un chaton adopté... Bien sûr, c'est truffé d'humanisation - il aurait été dur de s'en défaire - mais je trouve ça globalement mignon - de toute façon, dans ce truc, même les humains sont fêlés, donc un chat qui pense comme un humain.. Les voix peuvent paraître criardes au début ; au bout de trois épisodes, on n'y fait plus attention. Suite disponible sur ce site.

 

 

 

Publié dans BCPST

Commenter cet article