~ Une vie entre les doigts ~

Publié le par Hel

Hier après-midi, c'était un après-midi bizarre.

J'avais un rendez-vous dans Paris, dont je suis sortie à 18 heures. Et là, au moment de rejoindre ma famille, je vois une petite boule de plumes, qui cherchait désespérément à accéder à une zone de buissons située en hauteur.

Son comportement m'a intrigué. J'ai l'habitude de vérifier qu'un oiseau peut voler, dans ce genre de situations. Il s'est approché de quelques marches qui auraient pu lui permettre d'accéder aux buissons, mais ne les a pas montées. Vu qu'il y avait un peu de passage, je me suis approchée de lui. Il a sautillé pour s'éloigner, mais ne s'est pas envolé.

La première fois que je l'ai effleuré, il a piaillé, et j'ai par réflexe retiré ma main - une habitude qui me vient de ma chienne, en passant. Je me suis attendue à - et j'espérais - me prendre une Maman Moineau furieuse en pleine face, mais rien n'est arrivé, pas un bec n'est sorti des buissons ou d'ailleurs. Il était tout seul.

A force de manoeuvre, j'ai réussi à le coincer entre un mur et les marches, et à le récupérer. Et là... J'ai pu découvrir que c'était vraiment tombé le mauvais jour.

J'ai prévenu que je passais chez une véto du quartier, mais une fois arrivée sur place, on m'a refusé le petiot, qui pouvait passer entre les barreaux. "Il faut aller aux urgences de l'ENVA", qu'on m'a dit. Mes yeux ont brillé, j'ai rappellé ma mère pour y aller, et suis partie pour la rejoindre, avec un minuscule coeur battant la chamade entre les mains.

Une fois sur place, dans un grand centre commercial, j'ai pu constater qu'elle n'avait plus de batterie. Impossible de la retrouver. Je n'osais pas trop m'approcher des caisses, pour ne pas apeurer l'oiseau ou me faire virer par les vigiles. Au bout d'un quart d'heure, mon père m'a averti que ma mère était à quelques rues de là, en train de m'attendre. Du coup, retour sur mes pas, j'ai enfin réussi à la retrouver. pendant tout le trajet, l'oiseau a à peine bougé. De temps en temps, il ouvrait le bec, mais j'aurais été incapable de dire si il baillait ou si il avait faim. Il a tenté de bouger quelque fois, sûrement à cause des voitures ou des gens. Sinon, il était immobile, fermait parfois les yeux comme si il voulait dormir. Cela me faisait peur : un jour, un faucon est mort dans mes mains, sans que j'aie eu le temps de le secourir.

Avait-il froid, chaud, faim ? Quelle est la température idéale d'un oiseau ? On n'en sait pas grand chose, quand on n'est pas véto... [Oui, tout ça pour la pseudo-rime...]

Sérieusement, il était vraiment super calme. Dans la voiture, j'ai enlevé une main pour défaire ma veste, enlever une manche, et malgré les mouvements et la main en moins, il n'a pas bougé d'une plume. De tous les oiseaux dont j'ai dû transporter, c'était le seul à ne pas tenter systématiquement de se tirer.

Une fois arrivés aux urgences de l'ENVA, on nous a dit qu'il fallait en fait aller au Centre d'Accueil de la faune sauvage d'Alfort (CEDAF pour les intimes). ' me disais bien, aussi ! Là-bas, une salle remplie de cages nous attendait. J'ai réussi à lui en dégoter une pas trop grande et sans barreaux, et ai rempli le formulaire. Ca me faisait tout bizarre de le laisser tout seul, dans le noir et le froid  (par rapport à mes mains, hein !). J'avais l'impression de l'abandonner, alors qu'il était resté tout contre moi pendant tout ce temps, à tel point que j'étais par moment incapable de dire lequel de nos deux pouls je sentais battre frénétiquement dans mes mains.

Il était plus de 19h30 quand on est sortis de l'école vétérinaire. Trop tard pour acheter le cadeau pour mon père, trop tard pour pleins de choses. Mais c'était moins important que la vie d'une petite boule de plume, non ?

 

.~*Hel*~.

 

En bonus, quelques photos - de mon portable, donc de mauvaise qualité - de la bestiole. Quand je disais qu'il ne bougeait pas : j'ai pu prendre les photos toute seule, avec ma main libre !

 

Moino2.jpgMoino1Moino3.jpg

Publié dans Rencontre

Commenter cet article