Les CPGE - ou comment un groupe de masochistes s'adaptent à un environnement hostile
C'est vrai qu'en Classe Préparatoire, si, pour une raison ou une autre on a le temps de lever le nez de sa feuille entre deux prises frénétiques de notes, on peut assister à un spectacle relativement intéressant.
En effet, on devrait étudier les différents comportements des élèves lors des cours, je dois avouer qu'on y retrouve une grande diversité...
On a ceux qui, on ne sait comment, arrivent à tout noter et suivre en même temps, voire même à corriger les profs. Ceux-là, je les soupçonne personnellement d'être dopés, ou alors ils on été élevés dans une famille où ça parlait physique quantique, nombres complexe et biologie moléculaire dès leur plus jeune âge.
On a ceux qui font semblant de suivre le cours - voire le suivent - mais ne notent rien, voire le strict nécessaire. Flemmardite aigüe ? Peut-être, jamais osé demander.
Ensuite, viennent ceux qui notent tout, avec 30000 stylos. Ils ont un code couleur pour chaque type de théorème/élément biologique ou chimique/phrase/pronom personnel. Leurs notes ressemblent à une bonbonnière joyeusement colorée, avec les titres soulignés et des dessins pour chaque numéro de page. Pourtant, ils ne sont JAMAIS en retard dans leurs notes. C'est à se demander si ils n'arrêtent pas le temps.
A l'opposée, il y a ceux qui, avec simplement un bic quatre couleur et un stylo plume, luttent comme des malades pour tout écrire avant que le prof n'efface le tableau. Malgré leurs efforts acharnés, leur main refuse d'écrire aussi vite que leur cerveau ne lit. Vous vous en doutez, c'est mon cas, et je m'interroge sérieusement sur un éventuel problème de coordination de mes mouvements.
Bien entendu, il y a aussi ceux qui luttent pour rester éveillés après une nuit (très) courte. On voit leurs paupières se fermer d'eux même, leur regard devenir peu à peu vide jusqu'à ce que... Ah, il s'est réveillé ! Enfin, pour cinq minutes...
Mais ce n'est pas tout, car certains élèves considèrent qu'ils n'ont pas à lutter pour rester conscients et s'affalent ostensiblement sur leur table. En général, c'est les premiers de la classe, ou les derniers. Seule une soudaine bouffée d'adrénaline - comme une prof qui se met à leur hurler dessus - ou de motivation parvient à les redresser.
Viennent à la suite les élèves qui travaillent sur... Autre chose que l'activité en cours. Du style apprendre son anglais en français, faire ses fiches en math, réviser sa khôlle en Physique-Chimie. Ou le choix de prendre du retard pour ne pas avoir de mauvaise note et, peut-être, rattrapé celui accumulé précédemment.
Il est évident qu'en disant "CPGE", tout le monde penserait à un groupe d'élèves sérieux et motivés, pendus aux lèvres de leur enseignant 3600 secondes par heures. Mais ce n'est pas le cas, et de nombreux élèves choisissent finalement de raconter leur vie et de rire au fond de la classe plutôt que de suivre le cours, ce qui peut par ailleurs s'avérer quelque peu dérangeant pour les personnes dans un rayon d'un kilomètre ou deux - en fonction de l'intensité du rire, s'entend.
Et, comme il est évident que la prépa sert à tout sauf à préparer à un concours, il y a donc aussi des élèves qui jouent sur leurs portables, s'envoient des sms, des messages manuscrits, lisent des romans en cours et écoutent les commentaires d'un match de tennis. Logique, n'est-ce pas ?
Un jour, faudra que quelqu'un se penche sur ce phénomène. J'le ferais bien mais... J'ai des cours à relire, moi.
A bientôt.
.~*Hel*~.
(Parce que c'meugnon quand ça baille, ces bestioles...)