It's the party in the BCPay !

Publié le par Hel

 
 

Des fois, je me demande si je ne me suis pas trompée de filière, ou simplement de table. Des fois, j'ai l'impression que la classe préparatoire n'est qu'une blague. Une sorte de grosse blague à laquelle je suis la seule à croire.

 

Pendant que je rédige ces mots, certaines personnes sont en train de faire une orgie de fromage fondu - ou raclette, selon les langues. La majeure partie de ce groupe a déjà passé une nuit à marcher dans Paris la semaine précédente, pendant que d'autres tentaient de retenir que "To the large part of the world's population, environment protection matters less than food, accomodation and employment". Le premier message envoyé par notre délégué nous informait qu'il prévoyait une fête un week-end, et que l'on pourrai probablement dormir là-bas si on le désire. Avant chaque vacances, les internes organisent une fête, que ceux de BCPST doivent par ailleurs préparer, car ils ont "moins de travail".

 

Je veux bien qu'on m'explique. Je veux dire, je suis entrée en BCPST en me disant que j'allais crever sous le travail, que je n'aurais aucune vie sociale, que tout le monde se ferait des coups bas pour être le premier du classement, que j'allais devoir avaler une boite de prozac par jour pour tenir le coup...

Finalement j'arrive et je suis partagée entre la joie de voir que les profs ne sont pas si sadiques et indifférents que dans mon imaginaire (en tout cas pour l'instant), de voir que les élèves sont à peu près cools, et.... De la perplexité. Parce que j'ai l'impression d'être la seule à prendre les choses sérieusement. A être venue pour travailler, pour m'améliorer suffisamment pour être acceptée en Ecole Nationale Vétérinaire. Et pas pour faire la fiesta tous les soirs et ne pas bosser du week-end.

 

Après, on peut aussi considérer que c'est moi qui ai un problème. Je n'ai pas l'habitude de ce genre de soirée, je ne trouve aucun intérêt à l'alcool - si ce n'est que faire semblant de boire permet d'avoir la paix -, et éventuellement, je n'aime pas assez les gens pour accepter de les laisser vomir sur mes chaussures - sauf personne exceptionnelle. Je préfère autant dormir et passer du temps avec les gens que j'aime, si j'avais le choix. Déjà, j'étais moyennement motivée pour aller à la soirée d'intégration organisée par les secondes années. Je l'ai encore moins été quand la soirée intégration est devenue soirée bizutage. Désolée pour ceux qui trouvent ça normal, j'estime qu'il y a d'autre moyens de lier des liens qu'en passant par une phase d'humiliation où, l'espace de quelques heures, nous laissons à d'autres personnes la possibilité de libérer ses pulsions sadiques et de se sentir puissant.

Oui, j'y suis allée. Et j'ai trouvé cela pathétique, bien qu'instructif sur le mode de fonctionnement de notre espèce. Contrairement à d'autres qui prévoient déjà ce qu'ils vont faire subir à nos pauvres successeurs - il parait que c'était "bon enfant", cette année, et certaines personnes de ma classe veulent faire pire -, je me dis que tout a dû commencer le jour où un type sadique a inventé ce rituel. Et que depuis, chaque personne reproduit ce qu'elle a vécut pour se venger sur un innocent de ce que l'on lui a fait lorsqu'il l'était, sans se poser de questions sur l'intérêt de cet acte.

Pour en revenir au sujet initial, je reste donc perplexe devant tout ce temps qui me semble juste perdu. Je me demande si je suis la seule personne sérieuse ou simplement la seule personne anormale. Et les commentaires du style "Là c'est rien, par rapport à ce qui t'attends en école véto !" ou les bribes de phrases/commentaires à moitié dit et qui sous-entendraient que les étudiants en ENV passent moult temps à faire la fête me laissent perplexes.

Comme je l'ai déjà dit, je ne veux qu'une chose : avoir ce diplôme. Never mind si "tu te feras jamais d'amis là-bas si tu ne vas pas au bizutage/à la soirée de machin/au concours "kitomb'raenpremierdanslecoma" de bidule". Même pas peur !

 

En attendant, faut qu'on m'explique : on est là pour bosser ou pour faire la teuf ?

 

Yeaah, it's the party in the BCPay !

 

.~*Hel*~.

 

Et pour ceux qui sont perplexes devant cette dernière phrase, suffit de regarder une déhancheuse made in Disney pour comprendre. Attention, peut provoquer une apoptose des cellules nerveuses.

 

Publié dans BCPST

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Pimprenelle 19/05/2012 23:01


Coucou !


Cela fait des mois que je cherche un blog de bcpst (un vrai blog évoquant une véritable expérience et non truffée de photos de soirée)! Je suis également en BCPST... L'intégration était
plutôt amicale chez nous et cela faisait du bien mais je trouve leurs soirées tout de même à répétition, trop à répétition et des fois je déprime parce que j'ai la sensation que plus personne
n'aime suffisemment la science dans ce monde... la vie des gens que je côtoie se résume souvent au passage en second année,  et je me demande pourquoi ils tendent tant à passer parce que
c'est à peine si ils écoutent en cours des fois, c'est même le bordel dans certains cours... et cela m'attriste... j'aimerais tant comprendre le monde, voir tous les mécanismes au moment ils se
déroulent, ressentir la glycolyse et toutes les réactions qui en découlent (ô combien nombreuses!).... je m'écarte, je m'écarte


 


je te souhaite bon courage pour ton année, ce n'est pas toujours facile (d'autant que tout le monde ne nous prend pas pour une véritable prépa... mais dis-toi bien que ces gens n'ont jamais fait
de biologie! je ne sais pas l'idée que tu avais de la biologie avant, une petite histoire sympatique peut-être mais la voyais-tu comme une science véritable ? moi auparavant non... mais c'était
avant la BCPST !!!)


 


COURAGE!!!

Hel 16/06/2012 00:13



Hello !


Contente de voir que tu as trouvé ton bonheur... C'est vrai que c'est assez fréquent, les blogs photo...


Mais non, faut pas déprimer ! Il y a pleins de gens qui apprécient la science, mais c'est vrai que les motivations de certains sont assez obscures, j'ai eu le même genre de cas dans ma classe.
C'est à se demander pourquoi ils sont là !


Ah, la glycolyse... C'est fou tout ce qu'on peut faire avec dix réactions successives, hein ?


A vrai dire, quand j'étais jeune, c'était les maths qui me posaient problème. Parce que la physique, la chimie ou l'SVT, c'est évident que ce sont des sciences. Mais de quoi les math sont-il la
science ?


C'est vrai que les BCPST sont assez mal vus, mais ça s'améliore. J'ai un pote en prépa qui n'a réalisé notre niveau que lorsqu'il a vu mes sujets des écrits. Depuis, il a revu son opinion !


Merci ! J'en ai justement besoin !



Ju' 20/02/2011 16:45



Coucou,


Alors que je devrais réviser (je suis en taupe, et en spé en plus...), je tombe sur ton blog, je lis ton article, et fichtre, je remarque qu'il date un peu. Postes-tu encore ici ? As-tu survécu ?


L'environnement de la prépa, c'est particulier. Les agros (oui, toi) ne bossent pas moins que les autres, j'aurais envie de dire qu'en première année, ce sont les HK qui en font le moins (et je
suis partie sans a-priori sur les littéraires, c'est un constat). Quant au fait que tu ai l'impression d'être la seule qui "fait les choses bien"... Cela dépend peut être aussi du lycée où tu es
? Je suis de ces personnes qui sont convaincues qu'on peut réussir dans n'importe quel lycée tant qu'on travaille, mais il faut avouer que dans les lycées qui ont (faute d'élèves) l'habitude de
recruter sur une sélectivité moindre, les élèves sont parfois moins motivés, comme s'ils "partaient perdants" (et ils ont tord, s'il y a des classes prépa pour tous les élèves de terminale qui le
demandent, c'est que ces élèves ont les moyens de réussir les concours deux ans après !).


Quant au fait de boire, de bizûther... J'ai déjà assisté à de jolis exemples de déchéance ici-bas. Mais à ce qu'on me raconte, en effet, ça n'est pas grand chose par rapport à ce à quoi je
pourrais assister une fois en école d'ingénieur, ou en faculté...


"Chez moi", on ne bizuthe pas, on intègre. Je suis convaincue des vertus d'une intégration réussie, c'est à dire faite sur la base du volontariat (et du "si tu veux t'en aller en plein milieu,
pas de souci, c'est ton droit, on ne t'en voudra pas et tu ne seras pas exclu du groupe", et dans une ambiance bonne enfant. En quelques mots, le but est de faire en sorte que les bizûths se
rencontrent et apprennent à se connaître, qu'ils connaissent leurs khârrés (=deuxième année), et qu'ils se sentent "accueillis". Donc rien de dégradant, d'humiliant, pas de concours de beuverie
ou quoi que ce soit du genre. Bref, je parle de moi, et tu n'en as surement rien à faire :).


Courage, la prépa c'est un travail de longue haleine, comme un sprint qui dure 42 km...



Hel 21/02/2011 20:00



Coucou !


Tiens, c'est ce que je me dis à chaque fois que je passe sur un blog, moi aussi...


Ouioui, je poste toujours (quand j'ai du courage), tu n'as pas accès aux articles plus récents ? C'est bizarre ça... oO


Pour ce qui est du travail, je partage ton point de vue. Après, j'ignore si c'est une logique spécifique à ma classe, ou si c'est le même cas de flemmardise aigüe dans tout mon lycée...


Ne t'inquiète pas, ton témoignage m'intéresse, c'est toujours bon de savoir comment les choses se passent ailleurs ! L'un des buts de notre bizuthage était aussi de se trouver un kharré - même si
certains, dont moi, sont repartis seuls -, mais je pense que le facteur le plus motivant restait la partie humilliante. Que j'ai trouvé assez pathétique.


Une intégration comme la tienne, à ce que j'en vois, me parait en revanche une bonne idée pour faire connaissance avec les autres élèves. Tu as eu de la chance ! 


Merci ! (J'espère que mon cerveau est plus endurant que mes jambes...) Bon courage à toi aussi !


Et à bientôt, peut-être ? =)



lo 19/01/2011 19:10



c'était pareil pour moi en prépa (véto à l'époque Néanderthalienne)...



Hel 20/01/2011 22:11



Hé bien pour une Néanderthalienne, je trouve que votre plume et votre esprit sont très bien conservés ! C'est quoi, votre secret ? =)